top of page

Cannabis lounge (coffeeshop) et consommation sur place en 2026 : ce que cela implique en France et en Europe (CBD, loi, bonnes pratiques)

Mise à jour : janvier 2026.


Le sujet des “cannabis lounges” (lieux de consommation sur place) monte partout en Europe : coffeeshops néerlandais, clubs espagnols, associations encadrées en Allemagne, projets pilotes en Suisse… et, en France, un débat récurrent dans l’opinion alors que le THC reste interdit.


Pour les professionnels (shops, concept stores, CHR, porteurs de projet), la vraie question est double :

  1. Où en est l’Europe, concrètement ?

  2. Que peut-on faire en France avec du CBD légal, sans se mettre en risque ?


Cet article propose un tour d’horizon utile et une lecture “terrain” : cadre légal, zones de risque, et bonnes pratiques de conformité.

Note : cet article est informatif et ne remplace pas un conseil juridique.

1) Cannabis lounges en Europe : où en est-on vraiment ?

Pays-Bas : coffeeshops tolérés, chaîne d’approvisionnement en transition

Les coffeeshops existent depuis longtemps, mais reposent historiquement sur une politique de tolérance : vente encadrée au “front”, approvisionnement illégal au “back” (le fameux back-door problem). Depuis 2024–2025, les Pays-Bas accélèrent une expérimentation de chaîne d’approvisionnement contrôlée, avec cannabis régulé et contrôles qualité (NVWA).


Espagne : clubs sociaux, modèle associatif privé (pas un “bar” ouvert à tous)

Le modèle le plus cité, ce sont les Cannabis Social Clubs : associations privées, non lucratives, sur des locaux réservés aux membres, sous contraintes de règles locales (santé/sécurité, nuisances…). Ce n’est pas un modèle “café public” transposable tel quel.


Allemagne : légalisation encadrée, associations, prévention, interdictions (alcool, pub…)

Depuis 2024, l’Allemagne autorise notamment des associations de culture (non commerciales) avec traçabilité, prévention, limites de quantités, interdiction de publicité, et interdiction de fournir cannabis avec alcool dans ce cadre. Important : ce n’est pas un modèle “lounge-bar” libre-service comme un établissement classique.

Suisse : projets pilotes (scientifiques) de vente régulée

La Suisse avance via projets pilotes autorisés par l’Office fédéral de la santé publique, avec distribution encadrée (pharmacies, clubs, magasins non profit…) et objectifs de recherche.


Malte : associations de réduction des risques, non commercial

Malte fonctionne via un modèle d’associations encadrées par un régulateur dédié (ARUC), dans une logique non commerciale.


France : THC interdit, CBD légal sous conditions

En France, le cannabis THC reste interdit à la vente et à l’usage. Le CBD est admis dans un cadre strict (voir section suivante).

Conclusion Europe : en 2026, l’Europe ne bascule pas vers “des bars à cannabis” généralisés. Ce qui progresse, ce sont des modèles encadrés : expérimentation (Suisse / Pays-Bas), associatif (Espagne / Allemagne / Malte), prévention et contrôle.


2) France : CBD et consommation sur place — ce qui est possible, et ce qui déclenche du risque

a) Ce qui sécurise un produit CBD (base réglementaire)

  • Le Conseil d’État a annulé l’arrêté qui interdisait la vente des fleurs et feuilles à < 0,3 % de THC (décision du 29/12/2022).

  • Les autorités françaises rappellent un cadre de référence : extraits à < 0,3 % de THC, et exigences liées aux variétés / règles applicables.

  • À l’échelle UE, le chanvre est encadré via la PAC et des règles d’importation (seuil 0,3 % mentionné), avec possibilité de règles nationales plus restrictives.


b) “Lounge où l’on fume” : le point de blocage (ERP, travail, fumoirs…)

En France, fumer dans les lieux fermés et couverts affectés à un usage collectif (dont lieux de travail et lieux recevant du public) est, par principe, interdit, avec un régime de dérogations très encadré (fumoirs notamment). Conséquence opérationnelle : un “cannabis lounge” pensé comme un lieu où l’on consomme par combustion en salle devient, dans les faits, très difficile à sécuriser (et souvent non viable économiquement) sans montage juridique et technique lourd.


c) Vapotage (CBD) : interdictions dans certains lieux

Le vapotage est interdit dans plusieurs catégories de lieux (établissements scolaires, transports collectifs fermés, lieux de travail fermés et couverts à usage collectif, etc.). Un espace “CBD” qui autoriserait le vapotage doit donc cadrer précisément , quand, et selon quel statut.


d) Produits alimentaires au CBD : zone sensible (Novel Food)

En Europe, les extraits de CBD en alimentation sont généralement abordés au prisme “Novel Food”. L’EFSA a indiqué ne pas pouvoir établir la sécurité du CBD en tant que nouvel aliment, en l’état des données disponibles, et a mis des évaluations “en attente” (position EFSA). Traduction pro : “bar à gummies / chocolat / boissons au CBD” = risque réglementaire plus élevé que “infusion bien-être” classique, et nécessite une approche conformité très carrée (étiquetage, allégations, traçabilité, HACCP si préparation/vente sur place, etc.).


3) Si des lieux “CBD sur place” se développent d’ici 2026 : à quoi doivent penser les pros ?

Si un modèle émerge en France, il ressemblera beaucoup plus à :

  • un salon d’infusions,

  • un showroom sensoriel (arômes/terpènes, découverte),

  • un espace conseil et dégustation (sans combustion),qu’à un “bar où l’on fume”.


Checklist conformité (version terrain)

1) Modèle de consommation

  • Zéro combustion en intérieur (position de prudence opérationnelle)

  • Politique vapotage claire et conforme aux interdictions applicables

2) Statut du lieu (ERP) et règles locales

  • Ventilation, odeurs, voisinage (plaintes = vrai facteur de contrôle)

  • Affichage, règlement intérieur, gestion de flux

3) Allégations

  • Bannir toute promesse de soin/guérison ; rester sur une information factuelle, prudente, et orientée expérience.

4) Traçabilité

  • Dossier produit complet : origine, lots, analyses, taux de THC, contaminants, etc.

5) Alcool et co-consommation

  • Le standard “responsable” européen va vers la séparation cannabis/alcool (ex. Allemagne en association : interdiction de fournir cannabis avec alcool dans ce cadre).

6) Conduite

  • En France, la conduite après usage de stupéfiants est sévèrement sanctionnée.

  • Point pratique : en cas de CBD contenant des traces de THC, il n’existe pas de conseil garantissant un dépistage routier négatif ; la prudence maximale consiste à choisir des produits garantis sans THC si l’on doit conduire.


4) Consommer du CBD légalement dès aujourd’hui : formats, bonnes pratiques, erreurs à éviter

Formats (approche “responsable”)

  • Huiles : dosage progressif, traçabilité, lecture étiquette.

  • Infusions : bon format “rituel”, attention au cadrage alimentaire si vente sur place.

  • Fleurs/résines : légalité conditionnée (THC < 0,3 %, règles de mise sur le marché), vigilance sur l’usage en lieux collectifs.

  • Vape : uniquement si le lieu et le contexte le permettent (interdictions applicables).

Erreurs fréquentes (côté clients… et côté pros)

  • Vendre/communiquer comme si le CBD était un médicament.

  • Négliger les dossiers d’analyses et la cohérence lot/étiquette.

  • Miser sur l’alimentaire au CBD sans stratégie conformité.

  • Oublier la variable “conduite” et “dépistage THC”.


5) Le point de vue Cannova (B2B) : comment sécuriser votre offre si le marché évolue

Chez Cannova, notre approche B2B est pensée pour aider les professionnels à tenir une ligne simple : qualité – traçabilité – conformité – régularité d’approvisionnement.

Ce que recherchent les porteurs de projets “expérience” (showroom, infusion corner, espace conseil) est toujours le même :

  • des lots propres, stables, cohérents (profil aromatique / terpènes),

  • des analyses tierces faciles à présenter,

  • une transparence totale (origine, culture, méthodes),

  • une logistique fiable.

C’est précisément là que Cannova se positionne : production française premium, lots limités, et accompagnement B2B orienté sérieux (documents, discours de vente conforme, pédagogie produit).


6) Récapitulatif : ce qu’il faut retenir

  • Le “cannabis lounge” façon bar ouvert à tous n’est pas la norme en Europe : on voit surtout des modèles associatifs ou pilotes encadrés.

  • En France, le THC reste interdit ; le CBD existe dans un cadre strict (THC < 0,3 %, décisions et rappels officiels).

  • La consommation “sur place” réellement crédible en France, si elle se développe, passera surtout par des formats sans combustion et une conformité ERP/affichage/traçabilité irréprochable.

  • Les produits alimentaires au CBD restent une zone à risque réglementaire (Novel Food, EFSA).

  • La conduite et le dépistage THC doivent être traités avec prudence et pédagogie.



 
 
 

Commentaires


bottom of page